Il y a quatre ans, Vanessa est arrivée au Conservatoire de l’Agglo pour y enseigner le théâtre aux ados et aux adultes. Mais l’enseignement n’est pas son cœur de métier ! Depuis 25 ans, Vanessa est à la fois comédienne et metteuse en scène. C’est de cette vie qu’elle nous parle aujourd’hui.  

Pour toi, que signifie « être un(e) artiste » ?

Je pense que c’est, avant tout, être engagé dans le monde, la société, avoir un regard à côté. C’est être curieux du monde et des relations humaines. Mais aussi rechercher la poésie et la beauté du monde. La beauté de manière générale, peu importe qu’elle soit subjective. Après tout, même la laideur peut être très belle ! Que ce soit dans la musique, les arts plastiques, le théâtre… D’ailleurs, les tragédies vont chercher ce qui est profondément humain. En ce sens, elles peuvent trouver leur beauté dans la laideur. 

Naît-on artiste ou le devient-on ? 

On le devient ! Quand on a un terrain favorable ou une appétence. Mais je ne crois pas au génie, je pense qu’il faut déconstruire ce mythe, casser cette image presque divine. On peut avoir du talent, des facilités dans une discipline, mais ça ne mène à rien sans travail. Ça reste au stade de simple potentiel. Je pense que tous les grands artistes sont avant tout de grands travailleurs. C’est ce que j’essaie de transmettre à mes élèves. Même si certains peuvent avoir des difficultés, ils y arriveront s’ils ont envie d’y arriver. L’envie est très importante. Le plaisir aussi ! Ce sont des moteurs. 

Ton quotidien ressemble-t-il davantage à des montagnes russes ou à un long fleuve tranquille ?  

Des montagnes russes bien sûr, de vrais loopings ! (Rires)

Je ne m’ennuie jamais, je ne connais pas la routine. Je rencontre de nombreuses personnes, je me déplace souvent. Comme je dirige ma propre compagnie de théâtre, j’ai aussi beaucoup de travail à la maison : à la fois pour la création, la recherche, l’écriture… que pour les aspects administratifs comme la préparation des équipes et des plannings, les demandes de subventions, etc.

Par ailleurs, je suis souvent en répétitions un peu partout en France, surtout en région Centre. C’est toujours mieux de répéter dans de vraies salles de spectacles. C’est aussi plus facile pour se faire connaître. Et puis il y a évidemment les spectacles, avec ma compagnie en majorité. Mais je peux parfois être engagée par d’autres compagnies, soit en tant que comédienne, soit en tant que metteuse en scène.

Aussi, ces dernières années, j’ai monté beaucoup de spectacles de marionnettes que je fabrique chez moi dans un atelier dédié. J’y passe donc beaucoup de temps !

Quelle étape du travail préfères-tu ?  

J’adore les répétitions. Que ce soit comme comédienne ou comme metteuse en scène. Toutes les énergies convergent vers le même objectif, celui de faire du spectacle une réussite. Et ça, ça me touche vraiment. Car au départ, il n’y a qu’une simple idée : j’ai quelque chose en tête, je vais en faire un spectacle. Quelques temps plus tard, on voit une quinzaine de personnes qui y réfléchissent ensemble, les disciplines qui se mélangent : scénographie, costumes… on va penser au moindre détail, c’est ce qui me plaît.

Et mon étape préférée des répétitions, c’est la création lumière. Quand on se place dans l’espace et qu’on choisit les éclairages pour chaque scène, pour savoir ce que l’on veut mettre en avant. Ça prend beaucoup de temps, c’est très technique, mais ça apporte une autre dimension au spectacle. Parce qu’à ce stade, il est quasiment prêt, on peut vraiment visualiser le résultat final. Je me fais surprendre à chaque fois ! C’est un aboutissement.

À quoi penses-tu avant de monter sur scène ?

Déjà, j’ai besoin d’un câlin collectif de toute l’équipe, de serrer tout le monde dans mes bras, qu’on se souhaite bonne chance. Ensuite, j’aime écouter ou chanter Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu de Suprême NTM avant d’y aller. C’est mon petit rituel !